Les enfants de Marie 5/5

Semaine 5 – Cherche Adé désespérément ! !

Fas­toche. On y est, semaine 5 ! ! Pari presque gag­né. Incroy­able comme le temps a passé vite et pour­tant il s’en est écoulé des journées. Ce soir,  je pars tran­quille retrou­ver les zazous. Faire le tra­jet  c’est le temps de me déguis­er en Lulu-Poppin’s et de me met­tre en mode « famille Tala ». Penser tran­quille­ment à cha­cun des enfants, les petits comme le …grand.

Nous sommes lun­di. J’ai hâte finale­ment de décou­vrir le con­tenu du fri­go : zen et épuré et ce sera la promesse d’un menu à inven­ter. Ou bour­ré à cra­quer, décou­vertes des ter­roirs  dignes du meilleur « Mas­terchef » ? Je rêve et je souris. Stéphane se sera-t-il lâché ce week-end ? Com­bi­en de plats aura-t-il pris le temps de miton­ner pour la semaine ?

J’arrive déten­due, très déten­due, trop déten­due… J’ai oublié mes clés ! !  Il fait nuit et froid, un vrai temps de décem­bre. Urgent : cueil­lir  la petite dernière à son activ­ité et espér­er que comme une grande, elle ait son jeu de clés, elle ! Voyons que fait Adélaïde le lun­di ? Piscine ? Pas d’Adélaïde mais des maîtres-nageurs qui en prof­i­tent pour m’expliquer qu’elle fait n’importe quoi depuis quelques semaines. Le regard accusa­teur,  ils assè­nent : « Il est temps que sa maman revi­enne ». J’ai l’impression que cette asser­tion m’est égale­ment des­tinée. Le temps de les ras­sur­er sur ma capac­ité à trou­ver l’enfant et me voilà chez la maman de Mathilde. Non Mathilde n’est pas encore ren­trée, oui je vais la chercher à l’étude. Mais oui Adélaïde doit y être. J’attends leur retour. Une petite famille com­plète… sans Adé. Oui, Adélaïde a été vue à l’école aujourd’hui. Enfin un indice. J’attends fébrile tan­dis qu’Adé arrive tran­quille­ment, le sac d’école lourd comme un jour sans pain et sa voix inim­itable : « Ben lulu j’suis à l’étude le lun­di ! ». Com­ment a‑t-elle fait pour pass­er sous les radars ?  Je lui saute dessus sans l’étouffer ! Ouu­u­u­u­uffffff. Des enfants ça fait flip­per, surtout quand ce ne sont pas les siens. Cet épisode me four­nit ma dose d’adrénaline pour la semaine. 

Je ne dois pas être la seule à flip­per, le réfrigéra­teur rem­pli à la gueule ago­nise de den­rées toutes plus intéres­santes les unes que les autres. Dans ce cas, mieux vaut laiss­er Stéphane décider. Il y a du retour de Marie dans l’air…

Côté Féli­cien, le brouil­lard s’épaissit. Une maman m’appelle à l’atelier. Une his­toire de clés et de cade­nas. Tout sera réglé avec effi­cac­ité entre femmes mais l’explication de l’en­fant sera un peu plus con­fuse. Ou alors tu vieil­lis, prob­a­ble­ment Lulu. 

Ça y est Fleur me lance de grands bon­jours lorsqu’elle arrive ! Alleluia ! ! La semaine va pass­er rapi­de­ment. Même si c’est encore dur pour les enfants, on a tous les yeux braqués sur le 15 décem­bre, Odile, Stéphane et moi compris. 

À l’atelier, il est temps aus­si que Marie revi­enne. Les adultes s’octroient à tour de rôle et avec une par­faite coor­di­na­tion des vacances impro­visées. Les enfants du mar­di ont lit­térale­ment plumé le stock de bon­bons-couronne. La palme revient à Ange : 55 bon­bons décomp­tés pour sa …grand-mère ! Elle sera cer­taine­ment aidée dans sa dégus­ta­tion. Ange a aus­si d’autres excès. Il est le seul enfant à lire le jour­nal avant d’en faire des boulettes. Si l’article est intéres­sant, il sera découpé et pré­cieuse­ment mis de côté pour être com­men­té avec ses par­ents. Vieille tra­di­tion famil­iale sem­ble-t-il. En revanche, il est grandiose pour ce dernier mar­di. Mal­gré 3 crêpes au Nutel­la, 2 grands ver­res de jus de fruits et un gros quart d’heure à faire le fou dehors, je quit­terai l’atelier HS, tan­dis que Suzanne inter­dite devant tant de débor­de­ment et … d’admiration fil­iale, portera la couronne embal­lée comme si c’était l’enfant Jésus. On approche de Noël oui ou non ? 

Je prends le dernier déje­uner avec Odile et Adélaïde. Nous partagerons une autre fois la blan­quette. Mais le crum­ble à la rhubarbe et à la fram­boise ravi­ra les papilles sucrées d’Adélaïde. Ce n’est pas un déje­uner d’adieu, nous nous rever­rons, for­cé­ment. Mais Odile ne me lancera plus comme un mantra : «  Que la force soit avec toi Lulu !». Elle a dû, elle aus­si,  faire preuve de force et d’amour pour porter 5 semaines durant sans fail­lir,  à sa manière, prag­ma­tique et humoris­tique, la petite famille de Marie. 

C’est la dernière fois que nous nous voyons,  les enfants et moi. On se quit­tera tous un peu chose. Joyeux et tristes à la fois. Joyeux de retrou­ver Marie dont le retour sera cette année syn­onyme de Noël. Tristes parce que nous avons appris à nous con­naître, appréci­er et aimer. C’est le jeu, cette aven­ture doit se terminer. 

Mer­ci Marie pour cette expéri­ence qui m’a ren­due maman quelques heures. Objec­tive­ment, ce n’était pas une tâche exagéré­ment com­pliquée. Mais allais-je être adop­tée par les enfants. Tous tes enfants ? ?

Mer­ci Marie, car le pari a été gag­né. Et j’en suis à la fois rem­plie de bon­heur et de fierté. Mes pro­pres activ­ités chronophages m’ont aidée à décrocher sans tristesse. Mais je me prends encore main­tenant à penser  : « Tiens Féfé est à la piscine, Adé devrait ren­tr­er bien­tôt ». Je me remé­more sou­vent  Fleur et ses lec­tures,  Stéphane à la fois las de ses journées et heureux de retrou­ver la mai­son et ses enfants,  Odile et sa générosité rugueuse.

J’espère que tu retrou­veras tout ton monde et que ton voy­age con­tin­uera à irriguer longtemps ta créa­tiv­ité pour sup­port­er le quo­ti­di­en de tes incroy­ables journées pareilles à une longue Odyssée. 

Cha­peau bas, je te salue Marie !

 

Épi­logue

Ce séjour en Asie, entre­pris il y a une décen­nie, a con­sti­tué une véri­ta­ble res­pi­ra­tion dans le tra­vail de Marie et a pro­fondé­ment mod­i­fié son regard sur le papi­er et sur ses pro­pres tech­niques de travail.

http://marie-talalaeff.fr