Les enfants de Marie 3/5

Semaine 3 –   Ça roule ?

Les ate­liers se déroulent bien. Cette semaine, on attaque « le dur » avec les enfants. Le lieu de tous les dan­gers : la cus­tomi­sa­tion des couronnes ! La couleur, les pail­lettes, le super­flu, l’inutile, le clin­quant, le bril­lant, la machine à rêves ! Autant dire que je suis dans mes petits souliers. Je pense à Marie et à sa fac­ulté à trans­former n’importe quoi en mer­veilleux et kitchissime. Fine mouche, elle devait sourire intérieure­ment à ce moment lorsqu’elle m’a con­fié l’atelier.  Allez Lulu, jette-toi à l’eau ! 

Cette séquence va être à la fois tech­nique et créa­tive. Elle néces­site aus­si un min­i­mum d’organisation sous peine de trans­former l’atelier en un joyeux bazar totale­ment incon­trôlable. Pour chaque groupe, je pré­pare ce dont il a besoin. Si cette tech­nique s’avère payante sur le plan de l’espace, elle est frus­trante en ce qu’elle lim­ite le champ des pos­si­bles. Pour pal­li­er cet incon­vénient, j’ai imag­iné des « vis­ites » de l’endroit sacré de l’atelier de Marie où cha­cun fait son marché d’idées. Et ça marche. Trois groupes, trois types de couronnes dif­férentes ! Je tiens le bon bout.  Un petit saut à l’atelier en fin de semaine sera quand même néces­saire. Entre trois bon­za­ïs instal­lés par Odile pour l’hivernage, véri­fi­er que tout sèche bien, instiller quelques points de colle ici et là, pré­par­er la prochaine séquence, rap­porter les tabliers, tor­chons et chif­fons net­toyés, prêts pour l’assaut suiv­ant. Il va fal­loir qu’on se serre, l’atelier est en train de se remplir…

Du côté famil­ial, j’ai l’impression que nous courons tous beau­coup moins, mamies com­pris­es,  alors que toutes les activ­ités se déroulent nor­male­ment. Je ne sais pas si les profs de Féli­cien m’ont enten­due la semaine dernière, mais bizarrement il n’a aucun devoir pour ce ven­dre­di ? Des par­ents se seraient-ils, eux aus­si, rebel­lés devant tant d’ouvrage ? ? Même Féli­cien, inqui­et, inter­roge « vie scolaire.com »  afin de s’assurer qu’il n’est pas vic­time d’un acte man­qué. On en prof­it­era pour s’avancer, un peu. Je n’ai jamais été pas­sion­née par l’odyssée d’Ulysse, lui non plus… Adélaïde ne me récite plus sa poésie, c’est dom­mage. Mais elle la con­naît sur le bout des doigts, de même que la table de 5, beau­coup moins poé­tique. Fleur s’ennuie en cours de maths et je crois com­pren­dre qu’elle me demande vague­ment une petite aide pour l’anglais ? ?

La mai­son prend son rythme. Le salon con­tient l’invasion. Les cham­bres offrent une vision moins chao­tique. Le rap­pel au range­ment du lun­di soir devient anec­do­tique. Les servi­ettes et mail­lots de bains mouil­lés s’étendent, le linge pro­pre regagne ses rayons, les doudounes s’accrochent à leurs ves­ti­aires, les chaus­sures s’ordonnent, les égout­toirs se vident, la vais­selle se range et le fri­go, dans un rite immuable, se rem­plit et se vide gen­ti­ment comme une ample res­pi­ra­tion. La coor­di­na­tion des menus avec Stéphane s’affine et j’arrive à faire plaisir aux enfants et … à leur père ! Sushi c’est mon ami ! Je lui donne sa dose exacte de cro­quettes et anticipe ses allées et venues avec l’extérieur. Plus rien ne m’échappe ?

Si ! Une Adélaïde, les cheveux mouil­lés, qui tente sur la pointe des pieds de rejoin­dre dis­crète­ment la sor­tie de l’appartement. Stupé­fac­tion depuis la cui­sine où je sur­veille le poulet pris­on­nier du four, belle bête de 2,6kg, mijotant au milieu d’une kyrielle de petites pommes de terre.  Théorique­ment et d’après l’emploi du temps que nous con­nais­sons tous désor­mais par cœur, Adélaïde est À LA PISCINE ! ! Com­ment, par où est-elle entrée ? ? … Piteuse­ment Adélaïde m’explique que pour la sec­onde fois aujourd’hui, elle a franchi le garde corps du  bal­con puis ouvert la porte fenêtre et a pénétré dans le salon, car elle a … per­du ses clés ! Gloups. Cette petite fille n’a QUE 8 ans !

Lorsque tous seront présents, mamie com­prise, nous organ­is­erons une chas­se aux tré­sors expresse pour décou­vrir le temps de le dire,  le jeu de clés de …Féli­cien coincé dans les coussins du canapé, pen­dant que ce dernier décou­vre que son jeu est celui de sa petite sœur, mais nul ne sait qui a instal­lé un vieux trousseau sur le porte-clés de Stéphane…. Pen­dant ce temps, Fleur, tou­jours en avance sur les événe­ments, aura gag­né une tablette tac­tile sur Noël. Mer­ci Mamie !

Rester vig­i­lant, rester vig­i­lant, rester vigilant…

Relève de la Garde

Texte et pho­to Marie