Les enfants de Marie 2/5

Semaine 2 – Garde le rythme

Ça y est, je suis dans le rythme. Mon télé­phone est pro­gram­mé pour me rap­pel­er les horaires for­cé­ment dif­férents, de chaque jour. Et ça marche.

Les ate­liers fonc­tion­neront comme prévu. Les adultes seront per­dus sans le regard de Marie sur leur tra­vail mais auront vite repéré le thé, l’eau chaude et les crêpes d’Odile. Ouf, les fon­da­men­taux sont là.

Les enfants du mar­di soir seront comme à l’accoutumée un peu tur­bu­lents mal­gré le goûter tou­jours copieux. Pour ceux du mer­cre­di matin,  j’aurai un allié inat­ten­du : l’orthodontiste de Simon. La pause de bagues den­taires le rend aphone et apathique. Ses copains sont telle­ment sur­pris que cha­cun se con­cen­tre sur son tra­vail. Le bon­heur. L’après-midi les filles s’enhardissent. Nous nous con­nais­sons déjà et des com­plic­ités nais­sent tranquillement.

Côté famille, ça y est. Je me suis habituée au mael­ström familial. 

Le rôle de cha­cune des mamies : la mamie du mer­cre­di, la mamie du ven­dre­di, la mamie du lavage et du repas­sage, des tra­jets en voiture, des ren­dez-vous à droite et à gauche, des goûters, la mamie du week-end en Nor­mandie…  Les activ­ités des  enfants qui génèrent des allers et venues incroyables . 

Depuis que nous avons syn­chro­nisé nos emplois du temps,  Féli­cien revient directe­ment de la piscine avec son copain et doit enchaîn­er avec les devoirs. Il con­tin­ue à faire du sport à haute dose le mer­cre­di.  Le goûter pré­paré par sa grand-mère ne sera pas suff­isant pour le garder en éveil sur ses devoirs du lende­main, quel rythme !

Du haut de ses 8 ans, Adélaïde la ben­jamine, se débrouille avec beau­coup de bonne volon­té et d’autonomie. « Ça va bien Lulu, qu’est-ce que je peux faire à la cui­sine ? » m’interroge-t-elle de sa belle voix de con­tra-alto assurée. De temps en temps, on fait marcher la « machine à câlins »  et c’est reparti ! 

Quand à Fleur, c’est un courant d’air per­ma­nent : la flûte, la nata­tion syn­chro­nisée, la lec­ture, la lec­ture, la lec­ture,  l’ordinateur, une mamie. Tou­jours en train de fil­er quelque part, rarement posée, je croise  sa grande sil­hou­ette mince tou­jours inclinée vers l’avant, marchant à grandes enjam­bées. Com­ment va-t-elle ? Se nour­rit-elle suff­isam­ment ? Com­ment vit-elle le départ de Marie ? Autant de ques­tions et aucune réponse. Fleur parait énig­ma­tique et surtout insaisissable. 

Les horaires de Stéphane vari­ent. Cette semaine, lui aus­si s’est habitué ou est ras­suré par ma présence ( ?) et c’est un peu plus tard qu’il ren­tr­era. Nous nous coor­don­nerons un peu mieux avec le con­tenu du réfrigéra­teur. Enfin Sushi et moi fer­ons con­nais­sance. Il me fil­era encore une fois entre les jambes au péril du plat que je tiens dans les mains, mais ce sera la dernière fois.

Garde le rythme Lulu-Poppin’s , garde le bon rythme.

Fab­ri­ca­tion de la pâte à papi­er avec des feuilles de mûriers

Texte et pho­tos Marie